Nicolas Venne parle de Poiscaille, un film d'horreur qui séduit le public

Film de thèse Horreur

Dans le court métrage Poiscaille, nous rencontrons une femme qui pêche dans un marais. Lorsque sa canne à pêche attrape un poisson, elle s'empresse de le remonter, mais découvre que ce qu'elle a attrapé n'est pas le poisson auquel elle s'attendait.

Nicolas Venne a créé Poiscaille comme film de thèse, dernier travail d'un programme d'animation de trois ans au Cégep du Vieux Montréal. Inspiré par The Thing, Alien et le mythe de Cthulhu, il savait qu'il voulait que son film de thèse s'inscrive dans le genre de l'animation d'horreur.

Nous avons rencontré Nicolas pour en savoir plus sur son expérience dans le programme d'animation, sur l'inspiration de leur film, sur ses réflexions sur l'animation d'horreur et sur le processus de création de Poiscaille.

Poiscaille est en compétition dans les festivals d'animation et n'est pas actuellement disponible en ligne. Les lecteurs peuvent trouver des extraits du film dans la bobine d'animation de Nicholas Venne.

Poiscaille est le film de thèse de votre programme d'animation au Cégep du Vieux Montréal. Qu'est-ce qui vous a incité à participer au programme et comment s'est déroulée votre expérience ?

Nicolas : C'est en faisant des recherches sur le choix de mon cégep que j'ai entendu parler du programme. Je cherchais des programmes axés sur l'animation ou quelque chose de similaire, qui m'inspireraient et qui ne coûteraient pas une somme astronomique.

Lorsque j'ai vu que le Cégep du Vieux Montréal offrait un programme d'animation 2D, j'ai tout de suite été séduite par l'idée d'y aller. J'ai été attirée par leur programme parce que je savais qu'il m'aiderait à développer non seulement mes compétences en animation, mais aussi mes compétences en conception de personnages et en développement visuel.

Après trois années extraordinaires dans le programme, je peux dire en toute confiance que cela n'aurait pas pu être mieux. L'atmosphère, les professeurs et les autres élèves qui deviennent très vite des amis en font un endroit où j'ai toujours eu envie d'aller. Je sais maintenant que j'ai fait le bon choix de travailler dans ce domaine et je chérirai toute ma vie mon passage au Cégep du Vieux Montréal.

Scénario en couleur de Poiscaille, fourni par Nicolas Venne.

Parlez-nous de Poiscaille et de ce qui a inspiré les thèmes sombres du film ?

Nicolas : Mon film de thèse, Poiscaille, raconte l'histoire d'une pêcheuse dans un marais qui, en faisant ses corvées, attrape quelque chose avec sa canne à pêche. Elle découvre rapidement que ce qu'elle a attrapé est une étrange créature de poisson à visage humain. Malheureusement, l'étrange créature n'a pas de bonnes intentions. Il l'attaque rapidement, la transformant en une sorte de poisson effrayant.

J'avais cette histoire en tête dès ma première année de formation en animation. Ce qui l'a inspiré, c'est un mélange de différentes influences horrifiques, notamment The Thing de John Carpenter , Alien et H.P. Lovecraft. Le film terminé n'est pas tout à fait comme je l'avais imaginé à l'origine en termes de décors et de personnages, mais le poisson est le même.

Bizarrement, il y a un film que j'ai vu quand j'étais très jeune et qui s'appelait Aidez-nous ! Je suis un poisson qui, je pense, a inconsciemment inspiré l'histoire, même si j'ai oublié son existence. Je ne me souvenais pas de ce film jusqu'à ce que mon frère me dise que mon idée le lui rappelait. Maintenant que j'y pense, la fin de ce film m'a fait suffisamment peur pour que je m'en souvienne dans un coin de ma tête - mais c'est aussi la raison pour laquelle je l'aime beaucoup.

L'image conceptuelle de l'étrange poisson a été fournie par Nicolas Venne.

Qu'est-ce qui vous a attiré dans le genre de l'animation d'horreur ?

Nicolas : J'adore les films d'horreur et les histoires d'horreur en général, surtout celles qui ne sont pas des jumpscares. Ce genre était donc parfaitement adapté à mon film de thèse. La réalisation d'une animation d'horreur pour ma thèse a été un véritable défi, car je voulais qu'elle soit aussi bizarre que possible, qu'elle raconte une histoire, mais qu'elle dure trente secondes.

J'aime quand les films d'horreur utilisent l'atmosphère, des concepts étranges et des images dérangeantes pour transmettre un sentiment étrange. C'était aussi un grand défi de créer une atmosphère inquiétante dans le temps limité dont nous disposions, mais je pense que cela a fonctionné avec l'aide de mon compositeur attitré, Émie Labranche.

Je suis d'accord pour dire que l'horreur n'est pas quelque chose que l'on voit beaucoup dans l'industrie de l'animation 2D, en particulier dans les longs métrages, car il y en a très peu de nos jours, et je me demande pourquoi, car le potentiel est énorme avec toutes les possibilités que nous avons de créer une histoire horrifiante. Un objectif que je me suis fixé après avoir terminé Cégep est de faire de mon mieux pour créer d'autres animations d'horreur afin d'inspirer d'autres personnes à faire de même pour ramener ce genre à la vie.

Quelle a été la partie la plus excitante du processus de réalisation de votre court métrage ?

Nicolas : La partie la plus excitante pour moi a été de voir la première scène terminée, avec tous les points forts et les effets. J'ai également beaucoup apprécié la partie consacrée à l'animation brute et au développement visuel. Voir les personnages que j'ai créés commencer à bouger et devenir réels a été très gratifiant. La recherche de palettes de couleurs et l'élaboration d'un script de couleurs sont également des activités que j'ai étonnamment beaucoup appréciées et que je ferai certainement plus souvent à l'avenir.

Les dessins initiaux de la pêcheuse ont été fournis par Nicolas Venne.

Le design des personnages et des créatures de Poiscaille est très impressionnant. Qu'est-ce qui a inspiré ces dessins et quelles techniques avez-vous utilisées pour les réaliser ?

Nicolas : Merci, je suis heureux qu'ils aient été remarqués. Lorsque j'ai commencé à travailler sur le film, j'avais prévu un style beaucoup plus réaliste, en ce qui concerne les proportions et l'apparence de mon personnage.

Après l'avoir redessinée plusieurs fois, j'ai réalisé qu'il n'était pas très efficace de la dessiner de manière réaliste. J'ai décidé de la rendre plus anguleuse, tout comme les arrière-plans, pour lui donner un air d'expressionnisme allemand. La technique que j'ai utilisée a consisté à la redessiner autant que possible pour éliminer les détails inutiles.

Le poisson est resté pratiquement le même qu'au début, à l'exception de la forme du visage, mais dans l'ensemble, la quantité de détails était quelque chose que je devais conserver si je voulais le rendre aussi dégoûtant et bizarre que possible. Mon inspiration pour le poisson était une fusion de beaucoup d'artistes que je suis et comme j'apprends toujours de nouvelles choses, j'incorpore un petit peu de chacun d'entre eux.

L'animation de Poiscaille a-t-elle posé des problèmes ? Comment les avez-vous surmontés ?

Nicolas : Tout s'est déroulé en douceur ! La partie la plus délicate a été l'animation de la marche, lorsque le protagoniste s'approche de la canne à pêche au troisième plan. C'était difficile à cause de la perspective en contre-plongée, et parce qu'une marche n'était pas quelque chose que j'avais animé auparavant.

Donner l'impression qu'elle se rapproche tout en changeant légèrement la perspective de son corps et de son visage a été beaucoup plus difficile que je ne l'avais prévu, mais je pense que cela a fonctionné et je suis content de m'y être tenu. Ce qui m'a aidé, c'est de travailler sur une partie du corps à la fois afin de ne pas me laisser submerger par la quantité de changements subtils à opérer.

Comparaison de l'animation brute et des photos de production fournies par Nicolas Venne.

Quelle a été votre fonction préférée ou la plus utile lors de l'utilisation de Toon Boom Harmony pour créer Poiscaille ?

Nicolas : De nombreuses fonctionnalités d'Harmony ont été utiles ! Le nœud de gradient, l'outil de décalage et de traçage et l'ensemble du système de visualisation des nœuds sont devenus beaucoup plus faciles au fur et à mesure que je les utilisais. Mais ce sont surtout les fonctions de nettoyage que je tiens à saluer.

Je ne suis pas quelqu'un qui aime particulièrement faire le nettoyage, mais Harmony l'a rendu beaucoup plus facile puisque vous pouvez changer la forme d'une ligne. Il n'est pas nécessaire de le redessiner à chaque fois. Cela m'a permis de réaliser des entre-deux très rapprochés lorsque les mouvements étaient subtils, comme au début du film lorsqu'elle se retourne. Le fait que vous puissiez également ajouter votre propre texture à la ligne par la suite l'a rendu très facile à utiliser et a permis de compléter le style que je souhaitais.

Avez-vous des conseils à donner aux animateurs en herbe qui travaillent sur leurs films d'étudiants ?

Nicolas : Travailler avec les autres et s'entraider est très important lorsque vous réalisez votre film d'étudiant. La quantité de conseils, de compétences et de motivation que vous pouvez obtenir en demandant simplement à d'autres personnes d'examiner votre travail est astronomique. Tout le monde a un point de vue différent sur l'art et l'animation, ce qui permet de s'améliorer en tant qu'artiste en écoutant leurs pensées, tout en poussant les autres à se surpasser puisqu'ils passent également par le même processus.

Je recommanderais également de ne pas sous-estimer l'importance de l'organisation et de la planification. Il est extrêmement utile d'avoir des objectifs à court terme à atteindre, car cela donne l'impression que votre film est beaucoup plus petit et plus accessible. Enfin, je sais que presque tous les artistes le disent, mais la pratique est la clé. Même lorsque vous réalisez votre film, vous verrez les progrès que vous avez réalisés en animant ou en créant des arrière-plans encore et encore pour chaque scène.

Comparaison d'un plan de Poiscaille, avant et après l'application du nœud de gradient dans le compositing pour ajouter de la profondeur à la scène.

Quelle est votre prochaine étape dans le domaine de l'animation ?

Nicolas : Je suis actuellement à la recherche d'un emploi dans l'industrie en tant qu'animateur traditionnel. Je travaille également sur un futur court-métrage, et peut-être sur une idée de jeu. Le court métrage est une idée que j'avais comme plan B pour mon film de thèse, mais j'ai réalisé qu'elle ne tiendrait pas en trente secondes. Je suis en train de reprendre l'idée.

Il y a aussi un projet de court-métrage que je voulais réaliser avec des amis de ma classe. Il aborde également des thèmes liés à l'horreur, et j'ai donc hâte de travailler sur ce sujet. Tout cela prend beaucoup de temps, alors en attendant, je continue à travailler sur mon portfolio et à dessiner autant que possible.


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